Mon truc en ce moment au bureau c’est de chanter comme de la merde. Je vocalise à fond sur des chansons toutes plus pourries discutables les unes que les autres pour égayer les cœurs de mes petits collègues mélomanes entre deux configurations informatiques chiantes au possible. La plupart du temps ils me laissent chanter, sinon ils m’envoient des bouts de gomme dans la tête. « Mais HEY ! On avait dit pas dans les yeux ! ».

Je chante aussi quand je suis conviée à des réunions téléphoniques sauf que dans ces cas là je mets mon téléphone en muet pour pouvoir faire profiter mes voisins de mes cordes vocales sans pour autant me ridiculiser auprès d’inconnus au téléphone.

Depuis le temps que je me risque à faire ça, il fallait bien qu’un jour je me foire et oublie de couper le son de mon micro. IL LE FALLAIT.

Il y a quelques heures j’étais donc au téléphone avec 3 mecs super pas rigolos, à faire des trucs vraiment pas rigolos, et après avoir mis mon téléphone en muet / chanté la bamba triste / enlevé le muet / donné une info technique / remis le muet / sifflé le générique de Supercopter / enlevé le muet / donné d’autres infos techniques… EH BAH J’AI CHIÉ DANS LA COLLE.

C’est ainsi que, à un moment donné, j’ai interrompu un échange professionnel très sérieux par un :
« AU NOOOORD, C’ÉTAIT LEEES COROOOOONS ! »

Là tout le monde s’est arrêté de parler dans mon téléphone (ce qui m’a permis de vérifier que HAHA HAHAHA mon micro n’était pas coupé) et au bout de 15 longues et douloureuses secondes il y a quelqu’un qui a dit « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Mademoiselle, est-ce que c’était vous ? ».

J’ai pris une longue inspiration, j’ai réuni tout mon courage, j’ai pensé à ma maman qui me répétait de toujours assumer mes actes, j’ai revu mon père en train de me prendre par les épaules en me disant qu’il était fier de moi quoi qu’il advienne, et j’ai répondu « Non c’était pas moi ».

Je crois que j’étais pas crédible.
Je crois que je suis en train de mourir de honte.
Il est hors de question que je retourne travailler demain.
NO WAY.