Parce que les tortures physiques et psychologiques infligées par mon kiné de bon matin ne me suffisaient plus, il fallait que je me rende à son cours de gym lundi soir. En mode « J’en veux j’en veux vas-y fais-moi mal ».

Bon alors c’était très sympa, on était 6, la moyenne d’âge était d’environ 107 ans et j’étais visiblement moins souple que Lucienne alias la petite vieille qui touche son pubis avec sa tête. J’ai tenté de ne pas le prendre mal mais c’était dur. On va dire que désormais j’ai globalement peur des contorsionnistes septuagénaires qui me regardent avec les yeux de la pitié quand j’arrive pas à toucher le bout de mes orteils.

Bref, j’ai fait du mieux que j’ai pu sur mon petit tapis entre Jacques et Mireille mais à chaque fois il y avait un truc qui n’allait pas dans mon mouvement. J’ai raté toutes les postures avec des noms qui font rêver du style « position de la fleur de lotus » ou « balancement aérien en demi-lune ».
Je les ai toutes foirées, sauf une.

« C’est bien Alison, le placement de ton corps est parfait. Vous pouvez tous regarder Alison pour prendre exemple, elle maitrise très bien la posture du singe mou ».

DU SINGE MOU. PRESTIGE TOTAL.

Là j’ai réalisé que j’étais docilement accroupie avec les aisselles posées sur les genoux dans une putain de position de babouin décédé à me dire « le singe mou bordel, LE SINGE MOU » et j’ai pas pu me retenir, j’ai trouvé ça tellement ridicule, j’ai rigolé à en perdre l’équilibre en pensant à combien Michel se serait foutu de ma gueule si il avait été là.
(D’ailleurs je lui ai raconté en rentrant et depuis je n’ai d’autre surnom que singe mou).

Je hais ce kiné.